Musée Tomi Ungerer - "Le dessin de presse satirique en France de 1960 à 2003"

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Pol Ferjac (Paul Fernand Levain dit, 1900-1979) « Mes vœux pour 1962 par Charles de Gaulle »

dessin pour Le Canard Enchaîné n°2250, 1962
Encre de Chine et crayon bleu
Collection Le Canard Enchaîné

Salle 5 : Revue de presse satirique

L’exposition retrace le parcours du dessin de presse satirique en France entre 1960, qui marque la naissance de Hara Kiri, et 2003, qui voit disparaître la première série de L’Imbécile de Paris. Rythmée par l’apparition et la disparition de journaux, son histoire pendant toutes ces années est avant tout celle de la censure et de la liberté d’expression. Journaux emblématiques ou peu connus, nationaux ou régionaux, ils ont fait connaître au grand public de nombreux dessinateurs de talent en publiant leurs sujets de satire sociale et politique.

Salle 6 : L’impertinence de Hara-Kiri à Charlie Hebdo

Créé par Cavanna et le Professeur Choron en 1960, Hara-Kiri, journal bête et méchant, entretenait un ton particulièrement cynique. Il a réuni dans ses feuilles un bon nombre de dessinateurs comme Cabu, Wolinski, Sajtinac, Topor, Siné, Gébé, Reiser. Interdit en 1970 pour le numéro « Bal tragique à Colombey », il va donner naissance à Charlie Hebdo. Porté par les événements de mai 1968, l’esprit d’impertinence qui caractérise la presse satirique s’est répercuté dans des journaux comme Action, ou L’Enragé et s’est perpétué dans La Gueule ouverte, un journal écologiste et politique fondé en 1972 par Pierre Fournier, puis dans La Grosse Bertha, créé en 1991.

Salle 7 : Clins d’œil satiriques

Les journaux d’actualité, même si ce n’est pas leur vocation première, ont depuis longtemps l’habitude de publier des dessins de satire sociale et politique. Ils font parfois même collaborer des artistes à des chroniques régulières. Ce fut le cas entre autres pour Claire Bretécher et Copi dans Le Nouvel Observateur, Tim dans L’Express, Plantu dans Le Monde, Bosc dans Paris Match, Faizant dans Jours de France, Topor et Willem dans Libération. D’autres journaux, plus confidentiels, comme Haute Société, 7 à Paris, ou encore Le Fou parle, accompagnent volontiers d’illustrations leurs articles sur l’actualité culturelle et les questions sociétales.

Salle 8 : « La liberté de presse ne s’use que quand on ne s’en sert pas »

Le Canard Enchaîné, créé en 1915, est aujourd’hui le plus ancien journal satirique français. Journal d’investigation tenant farouchement à la liberté d’expression, il a ouvert ses feuilles à de nombreux dessinateurs. Plusieurs générations, de Moisan et Leffel à Cabu et Pétillon, s’y-sont succédé pour illustrer l’actualité française et internationale. La mise en page du journal est immuable depuis sa création : les dessins, insérés dans le texte imprimé de la feuille, paraissent de manière générale en petit format.

Salle 9 : L’Imbécile de Paris versus L’Idiot International

L'Idiot international, journal pamphlétaire créé par Jean-Edern Hallier, a connu trois périodes de parution: 1969-1972 1984-1994, 2014, et a réuni de nombreux dessinateurs comme entre autres Michel Bridenne et Frédéric Pajak. A la suite de divergences de vues avec le rédacteur en chef, ce dernier a lancé en 1991 L’Imbécile de Paris, « Interdit aux journalistes », et y a associé des artistes très différents, voire aux antipodes, comme Tetsu et Vuillemin.

Christian Antonelli (né en 1966)
Dessin pour Marianne n°197, novembre 2004
Encre de Chine et lavis d’encres de couleur
Collection Christian Antonelli

Gébé (Georges Blondeaux dit, 1929-2004) « Bolivie : le travail reprend »

dessin pour Charlie Hebdo n°41, août 1971
Encre de Chine et crayons de couleur
Collection Christophe Postel

Guy Heitz (1932-1992) « C’est beau Strasbourg »

dessin pour Uss’m follik n°5, 8 décembre 1972
Encre de Chine et feutre
Musée Tomi Ungerer – Centre international de l’Illustration

Guy Heitz (1932-1992) « Les bourgeois exposent Van Gogh à Strasbourg »

dessin pour Uss’m follik n°3, 24 novembre 1972
Encre de Chine et feutre
Musée Tomi Ungerer – Centre international de l’Illustration

Guy Heitz (1932-1992) « Mulhouse c’est ouvrier »

dessin pour Uss’m follik n°6, 15 décembre 1972
Encre de Chine et feutre
Musée Tomi Ungerer – Centre international de l’Illustration

Guy Heitz (1932-1992) « USS’M follik vous plait ? »

dessin pour Uss’m follik, années 1970
Encre de Chine et feutre
Musée Tomi Ungerer – Centre international de l’Illustration

Borislav Sajtinac (né en 1943) « Museau »

dessin pour Hara Kiri, 1969
Encre de Chine
Collection Borislav Sajtinac

Borislav Sajtinac (né en 1943), « Museau », dessin pour Hara-Kiri, 1969. Encre de Chine, 32 × 24 cm. Coll. Borislav Sajtinac © ADAGP, Paris, 2021. Photo : Musées de la Ville de Strasbourg

Borislav Sajtinac est un dessinateur d’humour et de satire qui a collaboré à de nombreux journaux français et étrangers, parmi lesquels Hara-Kiri, fondé en 1960.

L’un des dessins qu’il a réalisés pour cette revue satirique illustre de manière très imagée l’histoire de la liberté d’expression et de la censure en France. La période des Trente Glorieuses a été tout particulièrement marquée par la pratique répétée de la censure qui frappait les journaux satiriques. Ce fut le cas de Hara-Kiri dont la parution fut interdite à plusieurs reprises, notamment en vertu de la loi de 1949 sur la protection de la jeunesse. Sajtinac exprime l’idée de la censure de la manière la plus simple et la plus directe qui soit. Il représente un homme qui ne peut pas parler parce qu’il est muselé au sens littéral du terme. Cependant le caractère monstrueux du personnage, conféré par sa dentition de carnassier et ses mains aux ongles griffus, jette un doute sur la nature des propos qu’il pourrait tenir.

Réalisé exclusivement à l’encre de Chine, à la plume et au pinceau, et marqué par une tendance au fantastique, le dessin est très représentatif du style graphique de Sajtinac à cette époque.

Borislav Sajtinac (né en 1943) « Auto-censure »

dessin pour Hara Kiri, 1966
Encre de Chine
Collection Borislav Sajtinac

Gébé (Georges Blondeaux dit, 1929-2004) « Honnêtes gens, armez-vous ! »

dessin pour Charlie Hebdo n°27, mai 1971
Encre de Chine
Galerie Anne Barrault

Gébé (Georges Blondeaux dit, 1929-2004), « Grève - Cheveux longs - désordre », dessin pour la couverture de Charlie Hebdo n°27, mai 1971. Encre de Chine, 27 × 21 cm. Collection Galerie Anne Barrault © Famille Blondeaux. Photo : Musées de la Ville de Strasbourg

Gébé débute à Hara-Kiri dès son quatrième numéro en janvier 1961. Après la censure du titre, il participe à l’aventure Charlie Hebdo, dont il est rédacteur en chef jusqu’en 1985, et est en parallèle le directeur artistique de L’Idiot International. Avec Reiser, Cabu et Wolinski, il fait partie des dessinateurs ayant réalisé le plus de une de Charlie Hebdo. Gébé n’emploie pratiquement jamais la couleur et préfère un tracé fin à l’encre de Chine, hérité de l’Américain Saul Steinberg (1914-1999), exécuté dans un style réaliste.

Ce dessin, publié en une de Charlie Hebdo, fait référence au climat social lourd de mai 1971 : plusieurs entreprises, notamment, sont paralysées par des grèves. L’ampleur des événements rappelle à l’époque ceux de mai 1968.

Avec ironie, Gébé appelle à la défense des « honnêtes gens » face à ces troubles, en représentant ce couple, d’apparence ordinaire, armé de fusils de chasse.

Bosc (1924-1973) Dessin pour Minute n°102

13 mars 1964
Encre de Chine
Musée Tomi Ungerer – Centre international de l’Illustration

Bosc (1924-1973) Dessin pour Minute n°102, 13 mars 1964 Encre de Chine

Bosc est considéré comme l’un des dessinateurs les plus talentueux de sa génération. Ses dessins ont été publiés dans de nombreuses revues dès le début des années 1950, jusqu’à son décès en 1973. Il fait partie, avec Chaval ou Mose, d’une nouvelle génération de dessinateurs inspirée par les humoristes et cartoonists américains comme Saul Steinberg ou Chas Addams. Ses gags visuels, qui traduisent en réalité une vision pessimiste et désenchantée sur le monde de l’après-guerre, ne manquent pas de faire mouche.

Dessinateur star de Paris Match, de Lui ou encore de Hara-Kiri, Bosc a également tenu des chroniques régulières dans la revue Minute au cours des années 1960. Dans ce journal, Bosc a donné libre cours à son antigaullisme. Il a notamment imaginé une petite série, regroupée par la suite dans un album édité par Jean-Jacques Pauvert en 1968, intitulée Si de Gaulle était petit. Le président français étant remarquable par sa grande taille, Bosc choisit de le tourner en dérision en l’imaginant de la taille d’un enfant. Ce dessin, découpé en deux séquences, s’inscrit plus particulièrement dans le contexte de la course à l’arme nucléaire en pleine guerre froide ; Bosc, en fervent antimilitariste s’y oppose fermement. On y voit une bombe au monogramme de la croix de Lorraine s’écraser devant un soldat soviétique. En sort alors, tel un diable d’une boîte à ressort, le général de Gaulle. La chute du dessin crée le gag, et lui ajoute une dimension d’absurde. Le trait de Bosc y est condensé, assuré et vise à l’essentiel : sa sobriété en est presque laconique, mais lui donne toute son efficacité.

Jacques Faizant (1918-2006) « Vive la gendarmerie ! »

dessin publié dans Jours de France n°1216, 1er avril 1978
Encre de Chine et lavis d’encres de couleur
Collection Musée de la Gendarmerie nationale

Claire Bretécher (1940-2020) « Festival d’Avignon »

dessin pour Le Nouvel Obs n°611, 1976
Encre de Chine
Collection Famille Bretécher

Claire Bretécher (1940-2020), « Le Festival d’Avignon », dessin pour Le Nouvel Obs n°611, 1976. Encre de Chine 37,8 × 26,6 cm Collection Martin Bretécher © Famille Bretécher Photo : Musées de la Ville de Strasbourg

Claire Bretécher est une dessinatrice satirique féministe pour la presse qui a marqué les esprits de son trait. Après des débuts remarqués dans des titres jeunesses, notamment Pilote, elle cofonde L’Echo des Savanes avec Gotlib et Mandryka. Claire Bretécher est aussi un des rares exemples de dessins de presse au féminin dans la deuxième moitié du 20ème siècle. Sa notoriété rapide l’amène à tenir une chronique dans l’hebdomadaire Le Nouvel Obs à partir de 1973, jusqu’en 1981.

Pour cette revue, qui laisse libre court à sa plume moqueuse, Claire Bretécher dessine une série de gags en une ou deux pages, à mi-chemin avec la bande dessinée, dont elle était l’une des maîtresses incontestées. Regroupés puis édités à compte d’auteur sous le titre Les Frustrés, elle tourne en dérision les pratiques et comportements de la bourgeoisie intellectuelle urbaine qui naît alors en France. Dans cette planche, elle s’attaque au public du jeune Festival d’Avignon (crée en 1974) en montrant un cracheur de feu s’étouffant tandis qu’un couple s’éloigne nonchalamment. On y retrouve les principales caractéristiques du « style » Bretécher : le trait est nerveux, souple et efficace, parce qu’économe. La fausse simplicité du dessin le rend d’autant plus percutant : les personnages représentés sont tous les mêmes et ne peuvent être distingués qu’à leur coiffure, montrant un travail préparatoire important. Claire Bretécher utilise beaucoup dans ses dessins « l’itération iconique » partielle, c’est-à-dire que la même scène se répète dans plusieurs cases, à quelques variations près, créant ainsi un comique de répétition, tout en mettant en valeur les infimes changements de postures des personnages. On l’observe particulièrement bien dans ce dessin, où chaque mouvement du cracheur de feu est découpé. L’épuration du fond de case accentue l’effet comique : le cracheur de feu s’étouffe devant une foule indistincte et indifférente.

Copi (Raùl Damonte Botana dit, 1939-1987) « Votre remplaçante c’est moi »

dessin pour Le Nouvel Observateur, s.d.
Encre de Chine
Collection Blutch

Roland Topor (1938-1997) « Le jour où ta poupée pourra parler… »

dessin pour Libération, 1987
Encre de Chine
Galerie Anne Barrault

Roland Topor (1938-1997) « Du fond de sa prison, Barbie menace »

dessin pour Libération, 1987
Encre de Chine
Collection Galerie Anne Barrault

Cabu (Jean Cabut dit, 1938-2015) « Jeudi les Corses à Matignon »

dessin pour Le Canard Enchaîné, s.d.
Encre de Chine
Collection Le Canard Enchaîné

André Escaro (né en 1928) « Tiens un fil.. » - dessin pour Le Canard Enchaîné, décembre 1973 - Encre de Chine - Collection Le Canard Enchaîné

André Escaro (né en 1928) est à ce jour l’un des plus anciens collaborateurs encore actifs du Canard Enchaîné. Ses dessins sont régulièrement publiés dans « La Mare aux Canards ».. En décembre 1973, alors que la rédaction est en train de déménager dans ses locaux actuels, il surprend des faux plombiers, en réalité agents de la Direction de la Surveillance du Territoire, en train d’installer des micros dans la salle du conseil d’administration. Cette atteinte à la liberté de la presse provoque un immense tollé dans les rédactions françaises et internationales. Les tentatives maladroites de justification par le président Pompidou et ses ministres entachent sérieusement leur crédibilité. Après avoir été montée au tribunal, « l’affaire des micros » a traîné près d’un an, à coups de ralentissements administratifs.
Les dessinateurs de presse y vont tous de leurs coups de crayon pour commenter cette affaire retentissante, Escaro le premier.

Ce dessin constitue donc un témoignage exceptionnel. On y voit un homme de loi, reconnaissable à son chapeau, endormi derrière des dossiers qui prennent la poussière : il tourne en dérision la lenteur de l’action en justice. Découpé en trois séquences, il rappelle les comic strips en vogue dans la presse américaine. Si l’emploi de silhouettes arrondies rappelle le dessin de presse français des années 1930, le modelé d’Escaro est pourtant très personnel : son emploi maîtrisé des hachures et le remplissage des corps avec d’épais aplats d’encre de Chine rappellent la gravure sur bois. Escaro emploie une technique classique du dessin de presse de l’époque : un « premier jet » du dessin est réalisé au crayon, puis recouvert à l’encre, ce qui donne une ligne très sûre, sans pour autant avoir recours à de fastidieux travaux préparatoires.

André Escaro (né en 1928) « La route du pétrole »

dessin pour Le Canard Enchaîné, années 1970
Encre de Chine
Collection Le Canard Enchaîné

J. Lap (Jacques Laplaine dit, 1921-1987) « Messieurs, c’est ça le Grand Safari »

dessin pour Le Canard Enchaîné, vers 1978
Feutre noir et crayon bleu
Collection Le Canard Enchaîné

J. Lap (Jacques Laplaine dit, 1921-1987), « Chapeau, Monsieur le Président », dessin pour Le Canard Enchaîné, 1972 Encre de Chine, feutre noir et crayon aniline Collection Le Canard Enchaîné © Famille Laplaine-Méric Photo : Musées de la Ville de Strasbourg / Mathieu Bertola

J. Lap compte parmi l’un des dessinateurs les plus prolifiques du Canard Enchaîné : entre 1946 et 1987, sa production est estimée à 30 000 dessins. Grand caricaturiste politique, il a croqué de sa plume l’actualité politique et les grandes affaires politico-économiques dévoilées par Le Canard Enchaîné. Le président Georges Pompidou (1911-1974) a fait partie de ses cibles favorites.
Dans ce dessin, au trait sobre et à l’humour direct, J. Lap fait référence à la préparation des élections législatives de 1973. Ces élections sont cruciales pour la majorité en place (parti gaulliste) : depuis mai 1968, la position dominante de cette dernière à l’Assemblée nationale tend à se réduire à la faveur des partis d’opposition. J. Lap représente le président de la République, reconnaissable à ses épais sourcils broussailleux, dessiné ici au feutre noir, en train d’effectuer un tour de magie dans une mise en scène séquencée qui rappelle les gags du cinéma. Le tour de magie est ironique : en cas de défaite de son parti aux législatives, Georges Pompidou serait susceptible de dissoudre l’Assemblée Nationale.
Il est intéressant de noter la mention de Hara-Kiri, journal dont l’interdiction après sa une « Bal tragique à Colombey » a été portée au Journal Officiel en 1972, provoquant un immense tollé dans la presse de tout bord.

Roland Moisan (1907-1987) « La politique des regroupements »

1960-1970
Encre de Chine, lavis d’encre de Chine
Collection Le Canard Enchaîné

Roland Moisan (1907-1987) « Ralliez-vous à mon panachage »

dessin pour Le Canard Enchaîné, 1965
Encre de Chine, lavis d’encre de Chine et crayon bleu
Collection Le Canard Enchaîné

Roland Moisan (1907-1987), « C’est parti mon Qui-qui », dessin pour Le Canard enchaîné, 1965. Encre de Chine, lavis d’encre de Chine et crayon bleu sur papier contrecollé sur papier, 54 × 89,3 cm Coll. Le Canard enchaîné © ADAGP, Paris, 2021. Photo : Le Canard Enchaîné

Roland Moisan entre au Canard enchaîné en 1956. Il y travaille de manière soutenue jusqu’à son décès. Son style est reconnaissable : le trait est précis, incisif. Les compositions sont chargées de détails et de références, montrant la culture du dessinateur, et donnant une dimension quasi picturale à chacun de ses dessins. Charles de Gaulle est l’une de ses cibles favorites, qu’il représente plein de majesté et de pompe.

Dans ce dessin, de grand format, le général est présenté sous les traits d’Henri IV, lançant sa célèbre harrangue « Ralliez-vous à mon blanc panache ». Inspirée par la peinture de guerre du xviie siècle, cette riche composition montre De Gaulle, accompagné de ses « bannerets »(on reconnaît Georges Pompidou) partant en campagne électorale, contre les partis de gauche qui lui font face (on distingue la figure de François Mitterrand).

L’épais lavis d’encre de Chine en fond permet de donner de la profondeur au dessin, et d’en faire ressortir les personnages. Parmi les nombreux détails, on aperçoit Yvonne de Gaulle saluant son époux à la fenêtre du château.

Roland Moisan (1907-1987) « La Mise au point »

dessin pour Le Canard Enchaîné, vers 1969
Encre de Chine, lavis d’encre de Chine et crayon bleu
Collection Le Canard Enchaîné

Roland Moisan (1907-1987) « Pour 73, Le Canard souhaite un meilleur environnement »

1972-73
Encre de Chine, collage et crayon bleu
Collection Le Canard Enchaîné

Roland Moisan (1907-1987) « La politique du chapiteau »

dessin pour Le Canard Enchaîné, années 1970
Encre de Chine, lavis d’encre de Chine et crayon bleu
Collection Le Canard Enchaîné

Jean Leffel (1919-2001) « Marché commun »

dessin pour Le Canard Enchaîné, 1971-1972
Encre de Chine, lavis d’encres de Chine et de couleur et gouache
Collection Le Canard Enchaîné

Jean Leffel (1919-2001) « Prague »

1975
Encre de Chine, lavis d’encres de Chine et de couleur et gouache
Collection Le Canard Enchaîné

Guiraud (Ferdinand Guiraud dit, né en 1956) « La mode vient de la Guadeloupe »

dessin pour Le Canard Enchaîné n°3037, 10 janvier 1979
Encre de Chine
Collection Le Canard Enchaîné

Kiro (Ferdinand Guiraud dit, né en 1956) « Une véritable jacquerie »

dessin pour Le Canard Enchaîné n°4105, 30 juin 1999
Encre de Chine et feutre noir
Collection Le Canard Enchaîné

René Pétillon (1945-2018), dessins pour Le Canard Enchaîné

2005-2012
Feutre noir, collage et correcteur blanc
Collection Famille Pétillon

René Pétillon (1945-2018), dessins pour Le Canard Enchaîné

2005-2012
Feutre noir, collage et correcteur blanc
Collection Famille Pétillon

René Pétillon (1945-2018), dessins pour Le Canard Enchaîné

2005-2012
Feutre noir, collage et correcteur blanc
Collection Famille Pétillon

René Pétillon (1945-2018), dessins pour Le Canard Enchaîné

2005-2012
Feutre noir, collage et correcteur blanc
Collection Famille Pétillon

René Pétillon (1945-2018), dessins pour Le Canard Enchaîné

2005-2012
Feutre noir, collage et correcteur blanc
Collection Famille Pétillon

René Pétillon (1945-2018), dessins pour Le Canard Enchaîné

2005-2012
Feutre noir, collage et correcteur blanc
Collection Famille Pétillon

Alain Ghertman (né en 1946) « Le quinquennat requinqué »

dessin pour Le Canard Enchaîné n°4151, 17 juin 2000
Encre de Chine et lavis d’encre de Chine
Collection Le Canard Enchaîné

Kiro (Ferdinand Guiraud dit, né en 1956) « Ne suis-je pas sublime dans l’épreuve ? »

dessin pour Le Canard Enchaîné, février-avril 2006
Encre de Chine
Collection Le Canard Enchaîné

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Michel Bridenne (né en 1946), dessin pour dans L’Idiot international n° 7, 1970. Encre noire, 32 × 24 cm. Coll. Musée Tomi Ungerer – Centre international de l’Illustration © Michel Bridenne. Photo : Musées de la Ville de Strasbourg

Michel Bridenne, illustrateur d’humour et de satire français, a travaillé pour de nombreux journaux comme Pilote, Lui, Que choisir, Science et vie, Science avenir, Pif, L’Humanité, L’huma Dimanche, Mormoil, L’écho des savanes. Il a aussi brièvement collaboré à L’Idiot International, une revue satirique créée par Jean-Edern Hallier en 1969.
Ce dessin met en scène un événement qui s’est passé lors de la guerre du Tchad. Il s’agit plus précisément de l’intervention des troupes françaises lors d’une embuscade qui fit de nombreuses victimes en 1970. Sur fond de croix de Lorraine, le dessinateur a représenté un militaire affublé d’une tête de coq, le symbole allégorique de la France. L’adjonction d’éléments animaux à des corps humains est un procédé satirique ancien qui remonte à l’Egypte ancienne. Il contribue à constituer dans le registre de la satire graphique ce que l’historien de l’art Gombrich appelle une « ménagerie politique ».
Réalisé à l’encre de Chine et à la plume, le dessin témoigne de la virtuosité de son auteur et de la qualité graphique à laquelle tendait le dessin de presse à cette époque.

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Willem (Bernard Willem Holtrop dit, né en 1941), dessin pour L’Enragé n°4, juin 1968 Encre de Chine et collage 16,4 × 13,7 cm Collection Christophe Postel © Willem Photo : Musées de la Ville de Strasbourg

En plein mai 1968, le jeune Willem arrive à Paris et commence sa carrière de dessinateur de presse dans L’Enragé, une revue fondée par Siné pour commenter les événements d’alors. Son style acerbe, au trait spontané comme jeté sur le papier font rapidement mouche et lance un parcours incroyable l’emmenant de L’Enragé à la rédaction de Charlie Hebdo et de Libération.

Ce dessin est une des rares unes que Willem a signées au cours de sa carrière, préférant un dessin éditorial, plus discret, ou une chronique hebdomadaire comme « La revue de presse de Willem » dans Charlie Hebdo. Il livre ici une critique virulente de la réaction de de Gaulle face aux événements de mai 1968. Selon l’explication qu’en donne l’artiste, de Gaulle s’est retrouvé isolé face aux manifestations étudiantes et ouvrières qui paralysent le pays pendant près d’un mois. Pour rompre cet isolement, le chef d’État décide de grâcier les généraux responsables de la tentative de coup d’Etat de 1958, qui a failli de peu instaurer une dictature militaire. Cet acte est perçu comme une tentative maladroite de de Gaulle de se rallier l’extrême droite de l’Assemblée nationale et de s’assurer un nouveau soutien face à une opposition grandissante. Willem le représente alors affaibli, amputé de ses jambes, s’appuyant sur deux béquilles formant le sigle nazi, référence également au slogan « CRS SS ». L’ajout de ces lettres dans le dessin, sous la forme d’objets assez banaux, donne à l’image toute sa puissance.

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René Pétillon (1945-2018), « Après son intervention télé, Sarko baisse encore », dessin pour Le Canard enchaîné, 31 janvier 2012. Encre de Chine et correcteur blanc, 29,7 × 21 cm. Collection Famille Pétillon © Famille Pétillon. Photo : Musées de la Ville de Strasbourg

René Pétillon entame une collaboration très prolifique au Canard enchaîné à partir de 1993 et se spécialise dans l’illustration de l’actualité politique française. Son trait dynamique, son humour pertinent et son sens constant de l’ironie en font un des dessinateurs star du Canard enchaîné de ces dernières années.

Dans ce dessin, à mi-chemin avec la bande dessinée, qu’il maîtrisait également, René Pétillon nous livre une double caricature : on y reconnaît l’ancien président de la République Nicolas Sarkozy et son premier ministre François Fillon. Le contenu des phylactères montre tout le sarcasme qu’utilise René Pétillon dans ses dessins, sans pour autant faire preuve de méchanceté gratuite. Au niveau de la technique, René Pétillon utilise un classique du dessin de presse contemporain : un tracé au feutre noir, sans couleurs, qui ne se perd pas en détails superflus.

La simplicité apparente du dessin le rend alors d’autant plus percutant.

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Le tuto dessin de presse de Coco, dessinatrice chez Charlie Hebdo

Pierrick Juin (né en 1988) - Dessin pour « Dessinez, créez, liberté »

novembre 2019
Encre de Chine
Collection Pierrick Juin

 

Coco (Corinne Rey dite, née en 1982) - « Ils ont les armes, on les emmerde, on a le champagne »

dessin pour Charlie Hebdo
n°1217, 18 novembre 2015
Encre de Chine
Collection « Dessinez, créez, liberté »